ACEF & FFMC Solidarité, bénévolat, l’ ACEF et la Fédération Française des Motards en Colère de l’Ain, ont des valeurs de partage et c’est avec la remise d’un chèque d’un montant de 800€ que l’ACEF à voulu aider la FFMC01. Cette association a pour objectif de fédérer les usagers des 2 roues, du cyclo au gros “cube“ avec un esprit de responsabilité et d’entraide avec, dans ces moyens d’action des journées pédagogiques pour éduquer les plus jeunes aux risques de la route et aux moyens de s’en prévenir. Agréés par l’éducation nationale, les bénévoles interviennent régulièrement dans les collèges et lycées du département de l’Ain pour expliquer à nos ados les risques encourus. Une mobilisation pour inciter ces jeunes à une prise de conscience sur les dangers de la route et le respect des règles de conduite, n’ayant pas encore de permis de conduire, ils sont les moins formés à la sécurité routière. Ce déplaçant très souvent en cyclomoteurs ils sont malheureusement fortement représentés dans les statistiques d’accidents de la circulation, ce que reprochent les pouvoirs publics à l’ensemble de la communauté des motards auxquels ils appartiennent. Les bénévoles de l’éducation routière des jeunes (ERJ) de la FFMC01, remercient de tout cœur l’ACEF qui avec cette aide, va leur permettre de continuer leur action tout au long de l’année scolaire 2015 & 2016 .

 

 

Le chargé de mission deux-roues motorisé, ou « Monsieur Moto »

Pour prendre en compte la spécificité du risque en moto, la direction centrale de la sécurité et de la circulation routière a installé dès 1994 un réseau de référents spécialisés dans la pratique du deux-roues motorisé : les chargés de mission deux-roues motorisés (CDM2RM), ou « Monsieur ou Madame Moto ».

Un CDM2RM est nommé dans chaque département. Le réseau est piloté et animé par un chargé de mission national.

Les CDM2RM sont chargés de :

 favoriser et maintenir un dialogue permanent entre les instances locales représentatives des motocyclistes, les associations d’usagers de la moto, du scooter, du cyclomoteur et les services de l’État pour développer des partenariats et mettre en œuvre des actions de sécurité ;
 apporter leur expérience sur la question moto pour sensibiliser tous les services de l’État aux problèmes spécifiques des usagers de deux-roues motorisés, proposer et suivre la mise en œuvre de programmes en faveur de leur sécurité ;
 délivrer une mission de conseil auprès des maîtres d’ouvrage des réseaux routiers , des intervenants extérieurs (moto-écoles, assureurs, revendeurs etc.) et des associations.
 garantir le suivi de l’accidentologie dans le département en relation avec les observatoires départemental et national de sécurité routière.

Dans l’Ain, un nouveau chargé de mission a été récemment nommé par arrêté de monsieur le préfet. Il s’agit de Pascal MAILLARD, motard de la Gendarmerie aujourd’hui retraité.

 

Il peut être saisi de toutes questions intéressant la pratique de la moto et la sécurité à moto dans le département de l’Ain par courriel à l’adresse :
ddt-moto01@ain.gouv.fr

 

 

Depuis quelques jours les réseaux sociaux et les médias bruissent du retour du contrôle technique 2 roues-motorisés (2RM) ou à minima de l’instrumentalisation qu’en fait le Gouvernement. Avant hier, c’était RTL, repris par « La Croix » qui croyaient savoir que cette mesure serait entérinée prochainement, et qu’en toute logique les motards seraient à mettre sur le même pied d’égalité que les autres usagers de la route.

Rien de nouveau au fait qu’Emmanuel Barbe (le Délégué interministériel à la sécurité routière) souhaite proposer à son ministre d’instaurer un contrôle technique (CT) à la revente d’un 2RM ou toutes autres dispositions approchantes. Ce qui tracasse actuellement les pouvoirs publics est la façon dont ils vont devoir négocier la fin du « bridage » à 100 chevaux au 1er janvier 2016 ainsi que la question du rétrofit pour les motos immatriculées avant le 31 décembre 2015. Ils tentent d’anticiper les critiques et la communication offensive de la Ligue contre la violence routière (LCVR) et d’autres organisations pro-répression, qui ne vont pas se gêner d’accuser la Direction de la sécurité et circulation routière (DSCR) de permettre aux motards de « lâcher les chevaux sur les routes françaises », a fortiori dans un contexte de hausse de la mortalité pour les 2RM au mois de juillet. D’où ce possible « marchandage » entre rétrofit et contrôle technique ! Et tout cela dans une perspective d’un prochain Conseil interministériel à la sécurité routière (CISR) qui s’annonce animé surtout après les révélations d’un rapport de l’Inspection Générale de l’Administration.

Néanmoins le pouvoir politique a déjà eu un aperçu de la mobilisation des motards sur le sujet du CT, ainsi que de notre détermination à ne pas se laisser raconter la messe sur un faux prétexte de sécurité routière. Le ministre est aussi bloqué par une multitude de contraintes réglementaires, nationales et européennes ainsi que par une administration dépendant du ministère de l’environnement qui a déjà fait savoir qu’elle travaille à exclure le 2RM de l’application de la directive européenne applicable en 2022.

Pour nous, les arguments restent inchangés : le contrôle technique moto au prétexte de sécurité routière, est une hérésie et rien de plus. Nous avons porté ces arguments auprès de la commission européenne, du parlement européen, du conseil de l’union européenne, des eurodéputés et nous avons eu gain de cause.

Car la FFMC a réussi le coup de force de transformer un projet de règlement européen en directive européenne qui tient compte du principe de subsidiarité (l’Europe reconnaît que les États membres sont en capacité de gérer cette question par eux-mêmes), en s’appuyant notamment sur le rapport Motorcycle Accident In Depth Study (MAIDS), qui met en évidence la corrélation totalement infime entre accidents et défaillances techniques. Les motards par la voix de la FFMC ont massivement refusé qu’un lobby aussi puissant soit-il, leur dicte une politique de sécurité routière dans l’unique but de faire de l’argent.

Il est sûrement temps de remettre la pression pour que le ministre Bernard Cazeneuve n’ai pas la faiblesse de croire qu’il peut manœuvrer tranquillement sur ce sujet sans se heurter à une très forte opposition des motards.

La fin des grandes vacances et la rentrée des politiciens annoncent souvent des mauvaises nouvelles en matière de sécurité routière, un sujet épineux pour tous les gouvernements qui se succèdent depuis qu’un président en a fait une « priorité nationale ».
Et il se trouve que les chiffres de juillet 2015 ne sont pas bons, par rapport à ceux de juillet de l’an dernier*, avec une soixantaine de décès en plus. A chaque hausse de la mortalité routière, on relève aussi une augmentation de victimes en deux-roues motorisés, usagers vulnérables s’il en est puisqu’ils ne sont pas attachés dans des véhicules carrossés mais juste à cheval sur leur monture… ça ne veut pas dire qu’ils commettent plus d’infractions que les autres, mais juste qu’en cas d’accident, ils sont plus blessés ou morts que les occupants d’une voiture.
Rappelons d’ailleurs que plus de la moitié des accidents impliquant un deux-roues motorisé implique aussi une automobile et que dans les deux-tiers des cas, l’origine de l’accident incombe à l’automobiliste qui n’a « pas vu » le motard, faute d’avoir bien regardé au moment où il entamait sa manœuvre.

Bref, c’est la rentrée… c‘est la rentrée des déclarations, c’est la rentrée des chiffres, c’est la rentrée des donneurs de leçons, tout le monde en rang et gare aux têtes qui dépassent, saperlipopette ! Pendant que Mme Royal, ministre de la « croissance verte » (quel bel oxymore !) annonce une réduction des autoroutes urbaines à 90 km/h pour « réduire la pollution », les spécialistes de la sécurité routière reviennent sur les mesures « fortes » qu’il faudra prononcer lors du prochain Conseil interministériel de la sécurité routière (CISR) prévu d’ici la fin de l’année. Alors ces spécialistes ressortent leur catalogue où figurent les propositions des « experts » qui sont des chercheurs, des accidentologues, des alcoologues, des traumatologues, des psychologues, des ingénieurs, des hauts-fonctionnaires… des gens qui « savent », quoi ! Ces gens sont censés conseiller les politiques qui sont par essence des hésitants toujours mal à l’aise pour faire correspondre des courbes de sécurité routière idéales et promises avec celles des sondages d’opinion si instables et qui leur servent de baromètres avant les prochaines élections. La sécurité routière, c’est toujours un pétard délicat à manier pour un ministre chargé de ce domaine : il se doit de faire régulièrement des annonces pour montrer sa détermination à lutter contre les drames de la route, mais la mise en œuvre est toujours embêtante parce que ça se traduit inévitablement par une recrudescence du sécuritaire et tout plein de trucs très désagréables pour le conducteur-contribuable moyen et potentiellement électeur.

Bref, faut sévir, mais pas trop… faut se fâcher, mais pas avec tout de monde. Heureusement, il y a les motards ! Peu nombreux dans la population (près de 3,5 millions d’usagers, tout de même), trop nombreux dans les statistiques morbides de la sécurité routière, facilement montrés du doigt par les braves gens à cause de quelques imbéciles qui se distinguent avec leurs « échappements libres » (de casser les oreilles du voisinage ?), les motards sont un matériau idéal pour les politiciens désireux de se la jouer sévère mais juste dans l’intérêt de tous.
Donc, si je suis le ministre des accidents de circulation (ou le haut-fonctionnaire délégué à ces questions) et puisque les associations de victimes de la route le demandent, je me fais apporter vite fait le catalogue des experts en sécurité routière à la recherche de quelques « mesures fortes »… « voyons, voyons… ah-ah, les experts préconisent un contrôle technique pour les motos qui y échappent encore, pas mal ça ! Difficile à mettre en œuvre, mais pour l’annonce, c’est bien… ça va mettre les « Motards en colère » en colère, mais les automobilistes qui sont déjà astreints au contrôle technique obligatoire, rien que par jalousie, n’iront pas les défendre, au contraire. Et ensuite ? Ha, là, obligation de porter des équipements de protection, très très bien ça, ça va plaire à la mère de famille qui s’affole de voir son gamin lorgner vers les scooters des copains, surtout au moment de la rentrée des classes. Allez, on va faire comme ça et pour commencer, on va annoncer une future obligation du port des gants à moto, c’est pas cher et les normes techniques ne devraient pas être trop difficiles à établir**… et après le déjeuner, on reviendra aux choses sérieuses avec les menaces terroristes, la crise des éleveurs, tout ça. »

Ce qui est navrant tout de même, rentrée après rentrée, c’est que ça fait 35 ans que les Motards en colère de la FFMC font des propositions pour l’amélioration de la sécurité routière***, mais ces propositions n’intéressent pas les technocrates qui conseillent les politiques : pas assez spectaculaire pour frapper l’opinion publique, pas assez vendeur pour les médias et pas assez clivant pour des politiciens qui aiment tant jouer à opposer les catégories pour mieux se poser en arbitre une fois leurs annonces faîtes.
De notre côté, à la FFMC, à l’Association pour la Formation des Motards, à l’Assurance Mutuelle des Motards, à la FFMC-Loisirs et à Moto-Magazine, nous allons continuer à mettre en œuvre nous-mêmes nos idées qui fonctionnent et qui font qu’en trois décennies, la catégorie des 2RM est celle où la baisse des tués a le plus progressé proportionnellement au nombre de ses pratiquants qui ne cesse d’augmenter… ce que les baromètres mensuels de la sécurité routière et les communiqués de presse du gouvernement ne disent pas. Trop compliqué, peut-être ? A moins que les experts ne constatent finalement que les Motards en colère sont les bons élèves de la sécurité routière ?
Comment, de quoi ?… reconnaître que les meilleurs espoirs sont portés par les plus turbulents ? Quel mauvais signal en cette période de rentrée où il convient de se montrer ferme !
Allez, tout le monde en rang et gare aux têtes qui dépassent !

*http://blogs.motomag.com/gchocteau/index.php?post/58-19-sur-la-route-120-33-dans-l-eau-Arretons-l-hypocrisie-routiere

**http://blogs.motomag.com/concertation2RM/index.php?post/Port-des-gants-obligatoire-%3A-la-fausse-bonne-idee

***http://www.ffmc.asso.fr/IMG/pdf/manifeste-BD.pdf

Le dernier rapport de l’ONISR indique une hausse de la mortalité routière de 19,2% en juillet 2015. La politique de sécurité routière basée quasi exclusivement sur le contrôle des vitesses via l’automatisation de la sanction atteint-elle son niveau d’incompétence ?

Une politique inopérante

26 mesures sont annoncées début janvier par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, dont celle sur l’obligation de détention d’un gilet haute visibilité sous la selle pour les deux roues motorisés (au 1er janvier 2016) ou l’interdiction des kits mains-libres (au 1er juillet 2015), mais aussi celle de l’augmentation du parc de radars automatiques. Quelle a été l’efficacité de ces annonces sur la mortalité des usagers en général et des 2RM en particulier ? Inefficace, semble-t-il !

Des solutions adaptées aux enjeux


Dans le cas des grands départs en vacances, périodes accidentogènes, pourquoi ne pas inciter financièrement les usagers à emprunter les autoroutes ? Ces réseaux sont les plus sûrs et sont une solution efficace pour préserver des vies. Ou les enjeux financiers sont-ils plus importants que la Sécurité routière ?

Qu’en est-il des contrôles ciblés sur les conduites à risque tels que l’alcool et les stupéfiants ? Des contrôles réalisés par les forces de l’ordre et pas par des machines, alors que les dernières annonces sont orientées autour du renouvellement et du développement du parc de radars automatiques. Force est de constater que malgré l’accroissement du recours au système Contrôle sanction automatisé, les morts sur les routes ne baissent pas. Remettons de l’humain dans les contrôles qui ressembleront plus à ce qu’ils devraient être qu’au prétexte à de juteuses rentrées d’argent …

Quelles annonces prévues au CISR de rentrée ?


Suite à la récente publication du rapport de l’IGA, intitulé « évaluation de la politique de sécurité routière » (1), le Premier ministre annonce un Comité interministériel à la sécurité routière à la fin de l’été. La FFMC demande que de réels moyens soient alloués à la compréhension de l’accidentalité routière, que ce soit au niveau National (par une réelle interministérialité), mais aussi vis-à-vis des pouvoirs décentralisés et déconcentrés de l’Etat en incluant les associations d’usagers de la route et en particulier les motards à la prise de décision.

(1) BONDAZ, 14 août 2015, Inspection Générale de l’Administration, Rapport de diagnostic d’évaluation de la politique de sécurité routière, 49p., http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-de-la-politique-de-securite-routiere-a2012.html

A Lire sur le Site National ICI

 

En avril 2015, le ministre de l’Intérieur annonçait vouloir augmenter de 100 € le montant de l’amende forfaitaire sanctionnant les arrêts et stationnements sur les trottoirs.
La mesure est entrée en vigueur le 5 juillet. Elle crée une infraction pour stationnement « très gênant » qui sanctionne d’une amende de 135 € les automobilistes qui entraveraient la circulation des piétons ou des vélos en se garant sur leurs espaces réservés.
Heureusement, elle ne concerne pas les motards, qui restent passibles d’une amende de 35 €.

Le décret n°2015-808 relatif au plan d’actions pour les mobilités actives et au stationnement, paru au Journal officiel samedi 4 juillet, contient plusieurs dispositions pour favoriser la circulation des piétons et des vélos, issues du Plan d’actions pour les mobilités actives.

Parmi elles, la création d’un nouvel article dans le code de la route qui punit d’une amende forfaitaire de 135 € les arrêts ou stationnements « très gênants ».

Est notamment considéré comme « très gênant », l’arrêt ou le stationnement d’un véhicule :
– dans une voie de bus
– sur un emplacement réservé aux personnes handicapées ou aux transports de fonds
– sur les passages piétons
– sur les voies vertes et pistes cyclables
– à proximité des signaux lumineux de circulation ou des panneaux de signalisation lorsque le gabarit du véhicule est susceptible de masquer cette signalisation à la vue des autres usagers
– au droit des bouches d’incendie
– et sur les trottoirs « à l’exception des motocyclettes, tricycles à moteur et cyclomoteurs ».

Les motards sont donc formellement exclus du champ d’application de cette nouvelle contravention.
C’est une bonne nouvelle, surtout pour tous ceux qui circulent à Paris et qui sont contraints, faute de places en nombre suffisant dans les parking « moto », de stationner sur les trottoirs (en prenant bien sûr toujours garde à ne pas gêner la circulation des piétons !).

S’ils échapperont à l’amende à 135 €, ils resteront redevables de l’amende à 35 € au titre de la contravention pour « stationnement gênant », qui continue d’exister à l’article R417-10 du code de la route.
C’est un moindre mal, forcément peu satisfaisant pour les motards qui se font verbaliser régulièrement, mais qui laisse entendre que le gouvernement a pris en compte la problématique du stationnement des deux-roues motorisés dans les grandes villes.

Une autre mesure confirme cet espoir : l’infraction pour « stationnement très gênant » prévoit également l’interdiction de s’arrêter ou de stationner « sur une distance de cinq mètres en amont des passages piétons dans le sens de la circulation, en dehors des emplacements matérialisés à cet effet, à l’exception des motocyclettes, tricycles et cyclomoteurs ».
Lors des réunions techniques du Conseil national de la sécurité routière, la FFMC avait proposé que cet espace serve à l’aménagement de parking « moto »…
Affaire à suivre !

Dans les deux cas, la prise en compte des deux-roues motorisés n’est pas due au hasard mais bien au travail de fond que réalise la FFMC au quotidien, en participant notamment aux nombreuses réunions du Conseil national de la sécurité routière.
P.-S.

Pour vous aider à contester une verbalisation pour stationnement gênant sur le trottoir, la FFMC Paris Petite Couronne met à votre disposition une lettre-type sur son site internet :
http://www.ffmc75.net/aide-juridique/

A voir sur le site FFMC National

Jeudi 21 mai, Emmanuel Barbe, nouveau délégué interministériel à la sécurité routière, reçoit la FFMC. Au menu, passé le hors d’œuvre des présentations, le plat de résistance sera composé des questions qui fâchent dont nous avons eu un avant-goût lors du Conseil National de Sécurité Routière du 11 mai dernier. Rien de tel pour faire connaissance !

Comme c’est l’usage, chaque nouveau délégué à la sécurité routière rencontre les représentants des principales organisations qui prennent part aux débats de sécurité routière. Question deux-roues motorisé, les préliminaires devraient vite être expédiés puisque Monsieur Barbe a pour nous l’avantage d’être un utilisateur régulier et qu’il sait de quoi nous parlons en matière de spécificités de circulation au guidon et ça, ce n’est pas si fréquent chez les hauts fonctionnaires parfois chargés de diriger des domaines qu’ils ne connaissent pas.

Par contre, question méthode, nous attendons de voir de quelle manière il entend donner suite à ses récentes déclarations sur l’équipement des motards ou sur le contrôle technique… d’autres questions plus consensuelles comme la fin des 100 ch, l’amélioration des infrastructures et les partenariats courants seront évidement abordées.

Quoi qu’il en soit, il trouvera auprès de la FFMC des interlocuteurs volontaires, expérimentés… et très déterminés !

Un décret, publié dimanche 10 mai 2015, étend aux motards l’obligation de détenir un gilet de haute visibilité à compter du 1er janvier 2016.

Que contient exactement cette nouvelle réglementation ? A qui s’adresse-t-elle ? Quelles sont les sanctions encourues ?
Le point sur une annonce qui affole la communauté motocycliste…
3 obligations en une

Le décret contient concrètement 3 obligations :
– L’obligation de détenir :
Tout conducteur de deux-roues motorisé, trois-roues motorisé ou quadricycle à moteur non carrossé devra disposer d’un gilet de haute visibilité sur lui ou dans un rangement du véhicule.
– L’obligation de revêtir :
Le gilet devra être porté lorsque le conducteur sera amené à quitter son véhicule immobilisé sur la chaussé ou ses abords, à la suite d’un arrêt d’urgence.
– L’obligation de présenter le gilet :
En cas de contrôle routier, le conducteur sera tenu de justifier, auprès de l’agent de police ou de gendarmerie, qu’il détient effectivement un gilet de haute visibilité.
Des amendes mais pas de retrait de point

Le fait de ne pas disposer d’un gilet de haute visibilité sera puni d’une amende de 1ère classe 11 €. Elle passera à 135 € en cas de non-port dans les situations d’urgence.
Le contrevenant n’encourra aucun retrait de point.
Un gilet, au sens large

Selon l’arrêté du 29 septembre 2008, est considéré comme gilet « tout vêtement porté sur le haut du corps tel que veste, parka, gilet, chemise ou chasuble ».
A défaut de précision, il conviendra d’admettre que cette liste est limitative et qu’un simple brassard retro-réfléchissant ne suffira donc pas à satisfaire à l’obligation de détenir un gilet.
L’équipement choisi devra disposer d’un marquage CE attestant qu’il comporte « un ou plusieurs dispositifs ou moyens judicieusement placés, émetteurs d’un rayonnement visible direct ou réfléchi ayant une intensité lumineuse et des propriétés photométriques et colorimétriques appropriées ».
Pas de gilet obligatoire en circulation

Contrairement à la rumeur, la mesure décrétée contient uniquement l’obligation de détenir et de porter d’un gilet en cas d’urgence, et non de le porter constamment en circulation.
Et justement, la menace de voir ressurgir l’obligation de circuler, de jour comme de nuit, avec un équipement rétro-réfléchissant semble définitivement s’éloigner puisque l’article qui l’avait mise en place vient d’être abrogé (seul son arrêté d’application avait été supprimé en 2011, le rendant de fait inapplicable).
Une mesure qui ne répond toujours pas aux causes de l’accidentalité routière

Au final, pour la FFMC, cette mesure, présentée le 26 janvier dernier par le ministre de l’Intérieur en réaction à l’augmentation du nombre d’accidents de la route, restera sans effet sur la sécurité routière puisque la proportion de blessés chez les conducteurs de deux-roues se faisant accrocher alors qu’ils sont en panne sur le bord de la route est extrêmement faible par rapport à l’ensemble des blessés à moto.
La Fédération craint au contraire que cette nouvelle obligation mette davantage le motard en danger lorsqu’il devra, sur le bas-côté de la route, descendre de son véhicule et soulever la selle pour saisir son gilet.

Références :
– décret n°2015-514 du 7 mai 2015 relatif à la détention et au port du gilet de haute visibilité
– arrêté du 7 mai 2015 modifiant l’arrêté du 29 septembre 2008 relatif au gilet de haute visibilité
– article R233-1 du code de la route
– article R416-19 du code de la route
– annexe II de l’article R4312-6 du code du travail.


P.-S.


Campagne de communication de la FFMC en 2011 suite à l’annonce de l’obligation de port d’un gilet jaune pour les deux-roues motorisés