La FFMC, que ce soit au niveau national ou des antennes, reçoit de nombreux appels concernant des verbalisations de motards au motif du port de gants non homologués.
Plusieurs problèmes sont rencontrés :
– La méconnaissance par les forces de l’ordre des gants qui sont réellement homologués (l’ancienne homologation CE est et reste valable).
– L’abus de verbalisation : verbaliser un motard qui porte des gants dotés de bonnes protections est incompréhensible et ne fait que desservir le propos qui devrait viser à protéger efficacement les usagers de 2RM.
La position de la FFMC reste claire sur le sujet de l’équipement : nous affirmons qu’inciter, informer, éduquer sont les bonnes façons de faire en matière de sécurité. Aujourd’hui, on peut être verbalisé si on porte des gants protecteurs sans étiquette CE tout en pouvant tout à fait légalement (mais tout à fait imprudemment) rouler en tongs, short et débardeur : où est la logique de la sécurité ?
Mais pour remonter ces informations, des appels ou conversations au coin d’un comptoir ne suffisent pas ! Nous voulons constituer un dossier le mieux étayé possible pour démontrer (et démonter) la logique répressive de cette mesure.
Pour cela, si vous êtes victime d’une verbalisation au motif des gants obligatoires alors que vous portiez bien des gants, envoyez une copie de votre PV, la marque et le modèle des gants que vous portiez si possible, et les circonstances de la verbalisation à :
communication@ffmc.asso.fr

Plus forts ensemble !

Le 1er juillet prochain, la non présentation de la vignette Crit’Air sur les véhicules déclarés autorisés pour pénétrer dans les zones à circulation restreinte (ZCR) constituera une infraction passible d’une contravention d’un montant de 68 €. Quant aux véhicules dont la date de 1ère mise en circulation est antérieure à juin 1999 pour les deux-roues motorisés et 1997 pour les automobiles, ils ne sont arbitrairement pas admissibles à cette forme d’octroi des temps modernes, définitivement classés parmi les interdits de séjour dans les grandes villes qui se repeignent en vert au motif de lutter contre les particules qui nous empoisonnent l’atmosphère.

La Fédération française des motards en colère conteste cette exclusion, notamment concernant les 2RM car…
• aucun d’eux ne roule au gasoil
• ils fluidifient le trafic des véhicules en agglomération
• leur faible poids n’abime pas les chaussées
• leur faible encombrement est un atout dans le trafic et en stationnement
• leur rapport taux d’occupation/poids est très supérieur à celui d’une auto moyenne avec une personne à bord
De plus, si les estimations avancées chiffrent le nombre de 2RM anciens à 10% du parc 2RM (selon l’Ademe) et que ce parc 2RM est considéré par les pouvoir publics comme représentant 2% du parc général des véhicules en circulation, voilà une restriction qui ne va pas changer grand-chose quant à la qualité de l’air que nous respirons.
Il faut également considérer qu’un 2RM (quel que soit son âge), ce n’est pas une moto de plus dans la circulation, c’est une voiture de moins dans le trafic ou un usager en moins dans des transports en commun largement saturés aux heures de pointe. Autrement dit, la moto n’est pas une pollution, c’est une partie de la solution quant aux problèmes de pollution liés au trafic des véhicules à moteur et aux embouteillages.
La FFMC a demandé une audience au ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, pour lui demander de reconsidérer l’interdiction de circulation des motos dans le dispositif des ZCR que nous considérons inadapté, injuste et antisocial.
Nous n’avons pour l’instant pas reçu de réponse au courrier que nous lui avons adressé le 24 mai dernier.

Il aura fallu la publication d’une enquête de Moto magazine (Editions de la FFMC) le 29 mars 2017 sur la privatisation annoncée des radars embarqués pour que les candidats soient invités à s’exprimer sur leur vision de la Sécurité routière. Avant la publication de cette enquête et les interviews des candidats, la Sécurité routière, pourtant érigée en « grande cause nationale » par nos dirigeants politiques depuis des années ne semblait pas tellement préoccuper les prétendants à la fonction suprême.

Avant ces interviews, la FFMC a étudié les programmes des onze candidats accessibles dans les médias et sur Internet… en activant une recherche à partir des termes « sécurité routière », « radars », « deux-roues motorisés », « mobilités », c’est le grand vide ! Rien ou presque, du moins pour la moitié des candidats annoncés à plus de 10% d’intentions de vote par les instituts de sondage. C’est à se demander si oui ou non c’est une « priorité nationale » comme ils le proclament si facilement une fois élus. D’autant que ces questions de sécurité et de répression routière, c’est quand même un sujet récurrent dans tous les foyers et entreprises du pays, sans parler des usagers de la route qui ne peuvent plus échapper aux boîtes grises qui jalonnent les bas-côtés ou qui se demandent quelle énième restriction de circulation va leur tomber dessus dès qu’ils s’installent au volant ou au guidon… Bref, tout le monde y pense, tout le monde a un avis, sauf nos prétendants à l’Élysée, si on en s’en tient à leurs professions de foi.

En revanche, si un média leur tend le micro, là, en vieux politiciens rompus à l’exercice, ils se réveillent et avancent leurs analyses et leurs propositions. Oh, rien de bien révolutionnaire toutefois, ils reprennent les tendances générales en adaptant leurs arguments au courant politique qu’ils incarnent. Leurs réponses sont à lire sur le Site de Motomag

Allez, on va regarder ça de plus près, dans l’ordre alphabétique…

Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, ne fait aucunement référence à ces questions dans son projet présidentiel. Interrogée par Moto-magazine, elle dénonce clairement la privatisation du contrôle des vitesses et prône une sécurité routière relevant du service public. Elle regrette que pour les dirigeants en place, il y a loin des paroles aux actes et elle déplore que l’état des routes soit traité avec les « moyens du bord » tandis que les sociétés privées des autoroutes engrangent des profits sur le dos des usagers. Pour cette prof’ d’économie à Aubervilliers qui utilise sa voiture comme « monsieur et madame Tout le monde », la « conduite dangereuse », c’est d’abord celle du capitalisme. Sur la question de la mobilité des gens, Mme Arthaud défend le développement des transports en commun.

François Asselineau, ancien haut fonctionnaire n’a pas répondu à l’enquête de Moto-Magazine. Dans son projet présidentiel, il n’y a rien à propos des questions de sécurité routière… tout juste dénonce-t-il les embouteillages tout en proposant de favoriser les transports en commun et les « modes doux (fluvial et rail) ».

Nicolas Dupont-Aignan se dit scandalisé par la privatisation des radars, tout comme il dénonce la privatisation des autoroutes. Il parle de « racket par l’Etat à l’encontre des automobilistes et des motards ». En répondant à Moto-Magazine, il reprend en bloc la plupart des motifs de fâcherie des usagers, promet un allégement du dispositif « permis à points » et il propose de faire passer le permis de conduire aux jeunes dans le cadre d’un service civique de trois mois.

Jacques Cheminade s’oppose également à la privatisation des radars et déplore une vision « punitive » de la sécurité routière, préférant faire appel à la « responsabilisation des usagers », par la prévention et une meilleure formation en auto-école. Sur son site Internet, il n’y a rien sur le thème de la sécurité routière et de la mobilité des gens, sauf quand il dit qu’il faut « cesser de faire la guerre aux automobilistes » avec des « radars qui leur font les poches ».
Dans le projet présidentiel qu’il a publié, les questions de sécurité routière n’apparaissent pourtant pas, tout juste annonce-t-il le retour de la gratuité des autoroutes déjà rentabilisées et il veut « remplacer les 10 millions de véhicules les plus polluants » sans d’autres précisions.

François Fillon… alors lui, on le connaît bien, il a été le 1er ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012. Durant cinq ans, l’actuel candidat du parti Les républicains a porté une politique de sécurité routière qui a généré la multiplication des radars, la privatisation des autoroutes, la criminalisation des usagers et en ce qui nous concerne, on se souvient de son Conseil Interministériel de la Sécurité routière entré dans les annales en mai 2011, avec son florilège de mesures répressives, notamment l’obligation pour les motards de porter en permanence un gilet de haute-visibilité (mesure abrogée après l’élection du Président F. Hollande). Au rayon habillement, pas besoin de lui tailler un costard, il en a un tout prêt ! D’ailleurs, il n’a pas voulu répondre aux demandes de Moto-Magazine… peut-être qu’il est fâché avec les journalistes ? Quant à son programme accessible en ligne, aucune recherche sur les mots relatifs au domaine de la sécurité routière n’a donné quoique ce soit de significatif, tout juste le mot « routes » apparaît-il dans une phrase où M. Fillon assure les avoir sillonné.

Chez Benoît Hamon, sorti en tête de la primaire de « La belle alliance populaire », la sécurité routière n’est pas non plus un sujet très actif dans son programme présidentiel : les termes récurrents ne font sonner aucune occurrence, sauf celui des « mobilités » où il dit qu’il veut développer « des alternatives à la voiture individuelle, confier la gestion d’un système d’écotaxe aux régions et favoriser le développement ferroviaire ». Toutefois, interrogé par Moto-Magazine, il a dû se faire plus précis sur la question de la sécurité routière et ses réponses semblent venir tout droit de chez l’actuel délégué interministériel à la Sécurité routière, ce qui n’a rien d’étonnant puisque c’est le boulot d’Emmanuel Barbe en poste depuis deux ans. Sans surprise, Monsieur Hamon nous ressert donc les éléments de langage habituels, sur fond de sévérité compréhensive, mais fermeté quand même, en défendant bien sûr le système des radars automatiques et pourquoi pas privés si ça peut soulager le travail des Forces de l’ordre.

Jean Lassalle n’a pas répondu aux questions de Moto-Magazine. C’est assez cohérent puisque sur son site Internet, il n’y a rien de relatif aux questions de sécurité routière.

A chaque fois que la question est posée à Marine Le Pen, la candidate d’extrême-droite ne se gêne pas pour dire tout le mal qu’elle pense des radars et de la politique des gouvernements passés et actuel sur le domaine de la sécurité routière qu’elle estime relever du régalien. Pourtant, sur son site Internet, son programme ne dit rien sur ces enjeux. Seule la question des routes et autoroutes nous renseigne sur son vœu de réinvestir dans les premières et de renationaliser les secondes. Au micro de Moto-Magazine, elle reprend ses arguments contre la « chasse aux automobilistes », elle dénonce la privatisation des radars et elle délivre un discours semblable à ceux de messieurs Dupont-Aignan et Cheminade. Comme pour d’autres questions de société, Mme Le Pen touille sa soupe avec le mécontentement des gens et concernant la sécurité routière, le gisement de mécontentement est quasiment inépuisable.

Fidèle à sa posture de bienveillance sur-jouée, Emmanuel Macron souffle le tiède plutôt que le chaud et froid. Le candidat du mouvement « En marche » qui ne se positionne ni vraiment à gauche ni trop à droite répond à Moto-Magazine avec des arguments qui semblent, tout comme chez monsieur Hamon, tout droit sortis des bureaux de la Direction de la Sécurité routière. Ainsi, il approuve la privatisation de radars, mais en mode « expérimental » et il finit son interview par la vulnérabilité des usagers de deux-roues motorisés en reprenant les arguments habituels de la propagande gouvernementale qui répète inlassablement que les motards représentent 2% du trafic pour 22% des tués. Rien de neuf donc, pour ce chantre de la modernité ! Pour notre part, on se souvient de monsieur Macron quand il était ministre de l’économie du président Hollande et du gouvernement Valls qui n’ont rien fait pour limiter la rapacité des sociétés d’autoroutes et qui ont produit cette fameuse « Loi Macron » qui a dérégulé (entre autres) l’enseignement à la conduite et lâché des lignes d’autocar à bas coût sur nos routes. Curieusement, ces « succès » de notre golden-boy ne sont pas mentionnés dans son projet présidentiel par ailleurs totalement vide sur les questions de sécurité routière.

Jean-Luc Mélenchon se proclame candidat de « la France insoumise ». Ça alors, il y a enfin d’autres insoumis que les Motards en colère dans ce pays ? Et la sécurité routière, les radars, les deux-roues motorisés ? Rien ne se rapporte à ça dans son projet baptisé « l’Avenir en commun » cogéré avec ses camarades. Par contre, il présente le programme le plus détaillé sur la question des « mobilités » : il veut d’ailleurs « repenser les mobilités individuelles », supprimer le diesel, développer le co-voiturage, les transports en commun (qu’il envisage même gratuits), le ferroutage, il veut électrifier les « flottes captives », taxer le carbone et favoriser les circuits courts… bref, ses propositions reprennent celles des écologistes, reste à savoir si ça va se faire au détriment des grosses sociétés ou des usagers. Si ça se passe comme à Paris, on connaît déjà la réponse : ce sont les usagers qui trinquent ! Concernant les autoroutes vendues au secteur privé, monsieur Mélenchon veut les renationaliser. OK, mais la sécurité routière, dans tout ça ? Interrogé par Moto-Magazine, il s’oppose farouchement à sa privatisation, domaine qu’il estime comme devant relever de la responsabilité de l’Etat et non de sociétés privées. Ensuite, il détaille assez précisément sa vision de la sécurité routière qu’il veut basée sur l’éducation et la prévention dès l’école, autant que dans le cadre d’un service citoyen où l’accès au droit de conduire serait gratuit. Quant à la vitesse (qui n’est pas une valeur positive selon lui), il la combat au point d’envisager le bridage des véhicules pour qu’ils ne puissent plus dépasser 130 km/h, tant pour des raisons de réduction des risques routiers que pour prétendre limiter les émissions polluantes. Sur les deux-roues motorisés en général et la moto en particulier, notamment leur accès en ville, il ne dit rien… on peut toutefois supposer qu’il en reconnaît l’utilité dans les déplacements en milieu urbain puisque selon nos propres sources, nous savons que Monsieur Mélenchon qui n’a pas le permis de conduire est un fervent abonné des moto-taxis. Faudra quand même lui rappeler que même si une Gold-Wing ne roule pas au gasoil, son six-cylindres est largement capable de propulser l’eurodéputé à plus de 130 à l’heure !

Philippe Poutou est le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste. Ancré bien à gauche, cet ouvrier et syndicaliste salarié dans une usine d’automobiles n’a pas développé de thématique relative à la sécurité routière dans son programme politique. En parcourant son projet en ligne, il n’y a rien sur ces questions, si ce n’est qu’il se proclame pour un « droit à la mobilité pour chacun », qu’il se prononce pour la réduction de la place de la voiture et pour le développement des déplacements à vélo et à pieds. Conformément à ses engagements politiques, il est contre le déploiement de nouvelles infrastructures de transports comme les autoroutes et les aéroports, citant le projet controversé de Notre-Dame-des-Landes. Interrogé par Moto-Magazine, il dit « qu’évidemment, nous sommes opposés à la privatisation des radars qui va dans le sens de l’ultra-libéralisme », tout comme il dénonce toutes les privatisations qui amènent toujours les usagers à payer l’addition au final. Sur la sécurité routière en particulier, tout en s’opposant à la répression, il se range à l’idée que les réglementations et les progrès techniques ont amené à la réduction des tués sur la route. Quant à la formation, il propose que le permis de conduire soit porté par le système scolaire en apprentissage continu et validé à la fin de la terminale. On ne sait pas quels sont ses rapports avec la moto et les motards, mais d’après sa déclaration de patrimoine, on sait qu’il possède une voiture, ce qui laisse à penser qu’il s’en sert pour se déplacer, comme tout le monde.

L’analyse de la FFMC
Clairement, la sécurité routière et le quotidien des usagers de la route n’est pas une préoccupation majeure des candidats… ce serait d’ailleurs plutôt rassurant si l’on pense qu’un président de la République a quand même d’autres chats à fouetter en regard des troubles planétaires et des crises auxquels les chefs d’Etat sont confrontés… comment parler de liberté de rouler en évoquant les radars quand des gens meurent de misère dans et hors de nos frontières, quand des murs s’élèvent pour parquer des populations entières et quand le fracas des armes couvre le bruit de la disparition définitive de tant d’espèces vivantes sur notre planète ? Toutefois, la liberté de se déplacer avec ou sans véhicule doit rester fondamentale et cette liberté est inscrite dans la devise républicaine, au côté des mots fraternité et égalité. Quant aux restrictions de circulation prévues pour les vieux véhicules, bizarrement, personne n’en parle !

A travers ces questions de sécurité routière, quelle est réellement l’appréhension de ces notions pour ceux qui prétendent à la fonction suprême ? On le voit, leurs réponses sont d’abord le résultat de leurs propres usages, de leur sens du Bien commun et de celui des réalités auxquelles sont confrontés tout-un-chacun. Pour les politiciens professionnels habitués aux voitures et aux privilèges de leurs fonctions (les cinq candidats crédités de +10% d’intentions de vote), les arguments développés ne sont finalement pas très… développés. En tout cas moins que leurs promesses.

A la FFMC, nous voyons que, quelle que soit la couleur (affichée) des gouvernements qui se succèdent, le prétexte de sécurité routière sert trop souvent de laboratoire aux idées les plus pourries en matière de restrictions des libertés publiques. Et le système très arbitraire du « contrôle-sanction-automatisé » bientôt délégué au privé va encore dans ce sens-là.

REVUE DE PRESSE #336

VOTRE SUPPORT POUR LA DIFFUSION DES VALEURS DE LA FFMC

ACTUALITÉS PERMIS : L’EXAMEN THÉORIQUE DÉLÉGUÉ AU SECTEUR PRIVÉ page 8
ENDURANCE : 24 HEURES DU MANS ET INTERVIEW DE MIKE DI MEGLIO page 12
GRAND-PRIX : DES PILOTES FRANÇAIS POUR NOUS FAIRE VIBRER page 15
ESSAIS NOUVEAUTÉS TRIUMPH STREET TRIPLE RS page 30 YAMAHA MT-10 SP page 37
HONDA X-ADV page 43 YAMAHA TMAX SX page 48
DUCATI SUPERSPORT page 52
KTM 1290 SUPER ADVENTURE S & 1090 ADVENTURE page 56
MATCHS KAWASAKI Z 650 CONTRE YAMAHA MT-07 page 62
HARLEY-DAVIDSON STREET GLIDE SPECIAL CONTRE INDIAN CHIEFTAIN page 76
ENQUÊTE VOITURES-RADAR PRIVATISÉES : UN SCANDALE D’ÉTAT page 90
TESTS ÉQUIPEMENTS 9 CASQUES INTÉGRAUX AUTOUR DE 150 € page 100
les produits du mois page 111
REPORTAGE LA MALAISIE : L’AUTRE PAYS DE LA MOTO page 116
NOSTALGIE HONDA XL 600 TRANSALP : ELLE A 30 ANS ! page 126 PRATIQUE MÉCANIQUE : LA CYLINDRÉE D’UNE MOTO page 132
VOS DROITS : NOUVELLES PLAQUES, LA MESURE EST-ELLE BIEN RÉTROACTIVE ? page 135

Automobilistes, attention: les motards essaiment à nouveau

En matière de sécurité nos voisins Suisse savent faire, ça semble tellement évident qu’on se demande comment les ayatollahs de la sécurité routière n’y ont pas pensé

La Suisse compte 397’000 motos et 268’000 scooters; la grande majorité des motards et des scootéristes reprennent leur essor en avril pour s’adonner à leur loisir printanier et estival. Pour les automobilistes, il s’agit dès lors de vouer une attention toute particulière à leurs nouveaux partenaires saisonniers sur la route.

Le scénario se répète chaque printemps: l’augmentation de l’ensoleillement et la hausse des températures motivent des milliers de motards et de scootéristes à reprendre le guidon de leur engin. Sur le chemin du boulot, lors d’une sortie vespérale ou au fil des méandres d’une virée prolongée – une fois qu’on a goûté au plaisir de la moto, on se prend au jeu et apprécie de plus en plus la ballade des virages.

Automobilistes et motards sont particulièrement sollicités en début de saison. Au terme de longs mois d‘hibernation, les motards doivent retrouver leurs marques sur leurs machines aux propriétés physiques particulières, tandis que les automobilistes doivent se réhabituer au retour de leurs partenaires motards dans la circulation.
La silhouette d’un biker est ténue, alors que les angles morts latéraux arrière et les larges montants du toit empiètent sur le champ de vision de l‘automobiliste. De plus, la conduite monotone en colonne et l’atmosphère moelleuse truffée d’occasions de se distraire dans l’auto estompent insidieusement la concentration de son conducteur. La situation qui guette: l’automobiliste ne perçoit pas le motard surgissant subitement ou ne parvient pas à estimer correctement sa vitesse, et c’est le choc!

Dans près des deux tiers des cas où les motards sont victimes d‘un accident grave, un autre véhicule est impliqué dans l’accident, indiquent les statistiques officielles des accidents de Suisse. Dans 8 cas sur 10, la collision implique une voiture automobile. Lors de collisions graves, les conducteurs d’automobiles portent au moins une part de responsabilité dans deux tiers des accidents.

Appel aux automobilistes et aux motards: gardez l’œil ouvert!

Les recommandations de l’Office Suisse de conseil pour deux-roues OSCD à l’attention de tous les conducteurs d’automobiles et de motos/scooters:

Automobilistes:
•Comptez toujours sur l’apparition soudaine de motards

•Ouvrez l’œil aux croisées, lorsque vous bifurquez ou changez de cap

•Prudence lors des dépassements, attention aux angles morts

•Attention avant d’ouvrir la portière lors d’un stationnement longitudinal

•Ne vous laissez pas provoquer par les motards téméraires (ça existe aussi)

Motards/scootéristes:
•Suspectez partout et à chaque instant tout automobiliste de ne pas avoir réalisé votre présence
•Ouvrez l’œil aux croisées, lorsque vous bifurquez ou changez de cap
•Prudence lors des dépassements, assurez-vous que l’automobiliste en question ne se déporte ou ne bifurque soudain
•Gardez un espace latéral suffisant en remontant des places de stationnement longitudinales
•Lors de circulation en file, gardez votre calme et dépassez avec prudence
•Portez toujours un équipement de sécurité adéquat
•Suivez des cours de perfectionnement (subventionnés à raison de Fr. 200.– par le Fonds de sécurité routière FSR, www.guidon-raison.ch)

En France on préfère verbaliser !!!

Info de chez nos voisins helvètes

Des vitres latérales et arrière étriquées comme des meurtrières, des montants de toit de la taille de piquets, des sièges profonds et des appuie-tête arrière non escamotables restreignent gravement le champ de vision vers l’extérieur chez bon nombre de voitures de tourisme. „Pas vu“, tel est le refrain dans de nombreux rapports d’accidents impliquant automobilistes et motards. „Halte aux dérives du design“, clame l’Office Suisse de conseil pour deux-roues OSCD.

Dans 54% des collisions impliquant une auto avec une moto ou un scooter, le rapport SINUS 2010 du bureau de prévention des accidents bpa atteste que le conducteur du deux-roues n’est aucunement fautif. Près de la moitié de ce genre d’accidents est causée par le non-respect de la priorité du motard de la part de l’automobiliste, c’est-à-dire que l’automobiliste n’a tout simplement «pas remarqué» le motard, par exemple à une croisée de routes.

Design et exigences sécuritaires aux dépens de la vue panoramique

Des mesures attestent que chez certaines automobiles, jusqu’au tiers des 360° de la vue panoramique est masquée. Des montants A*, B ou C trop larges ou obliques, qui plus est parés de grands caches intérieurs en plastique, des formats de vitrages restreints et des poupes relevées entravent le champ de vision vers l’avant, l’arrière et les côtés. Une position de conduite trop basse et encaissée ainsi que des appuie-tête fixes sur les sièges arrière réduisent encore davantage la vue vers l’arrière lors de manœuvres de recul ou de parcages. Si un motard – ou cycliste, ou même piéton – circule ou se trouve à l’arrêt dans cet „angle mort“, la collision est quasiment programmée.

Une bonne visibilité circulaire de l’intérieur d’une automobile semble être en conflit permanent avec un look attrayant, un aérodynamisme efficient et de hautes exigences en matière de sécurité. Une bonne protection des passagers exige un minimum de robustesse des montants du toit, tandis qu’un aérodynamisme affûté passe par un pare-brise s’opposant le moins possible à la pénétration dans l’air, etc. Mais il est difficilement admissible qu’un look coquet et de gros points au crash-test aillent de pair avec une mauvaise visibilité, potentiellement fatale aux autres usagers de la route.

Conseils à l’attention des automobilistes:

• Lors de l’achat d’une voiture: prêter attention à la visibilité. La vue panoramique est-elle bonne? Les appuie-tête des sièges arrière sont-ils escamotables? Suis-je disposé à subir les aléas d‘un pare-brise exagérément incliné, de montants de toit épais à outrance et/ou de vitres latérales ou arrière étriquées pour les années à venir, ou est-il préférable d’opter pour un modèle offrant davantage de champ de vision?

• En roulant: prêter une attention particulière aux situations entraînant le risque de masquer certains angles de vue. Les ronds-points, croisements, zones de présélection, marches arrière et dépassements sont des situations typiques où il est fréquent que motards ou scootéristes passent inaperçus.

Conseils à l’attention des motards:

• Prévoir partout et à tout moment le risque de passer inaperçu auprès des automobilistes.

• Etre particulièrement sur ses gardes aux croisées de routes, à l’approche de véhicules obliquant à gauche venant en face et lors de manœuvres de dépassement: les automobilistes risquent de s’apercevoir de ma présence au tout dernier moment. Pour réagir alors en plantant les freins ou avec force manœuvres incongrues, aussi imprévisibles que dangereuses pour le motard.

*A = Montant latéral du pare-brise, B = montant central ou de porte, C = montant latéral arrière du toit

Sous la houlette d’Anne Sixdeniers, présidente de l’association Toutes en Moto et co-fondatrice du mouvement, la 8 ème édition des défilés aura lieu le 12 mars prochain dans 10 villes en France, également pour la première fois à Cayenne en Guyane et à Genève le 9 avril.
Toujours fidèles au leitmotiv de l’association « Conduisons nos vies », les organisatrices des villes concernées auront à coeur de brandir les banderoles aux couleurs de Toutes en Moto pour célébrer la journée des droits de la femme.
Créé le 8 mars depuis 1977, date où les Nations Unies ont officialisé cet hommage fait aux femmes et à la lutte pour leurs droits, ce jour de soutien sera un mardi en 2017. Le choix s’est porté sur le dimanche 12 mars pour faciliter les déplacements des cortèges et les autorisations des différentes préfectures.Les défilés précédents avaient rassemblé près de 10 000 motardes et motards en France dont 3000 à Paris.

Les amazones de Toutes en Moto invitent donc tous les amoureux du deux roues à se joindre à elles, au départ de ces 12 villes, en début d’après midi.
Nouveauté cette année, la Guyane a rejoint l’aventure avec les Glam’s, le Team de Guyane créé en juin 2016, avec aujourd’hui une trentaine de motardes passionnées de 20 à 60 ans, arpentant dans la bonne humeur les routes de Guyane par beau temps ou sous la pluie, climat oblige!
Comme chaque année, l’association Toutes en Moto s’associe à une cause qui lui est chère et porte parole de cette journée du 8 mars. Une belle rencontre, faite avec Frédérique Martz et Pierre Foldès , tous deux à l’origine de la création de l’Institut en Santé génésique, a conduit les membres du bureau de l’association à faire cause commune la violence faite aux femmes. L’Institut, basé à l’hôpital de Saint Germain en Laye, a déjà aidé plus de 900 femmes épaulé par une équipe d’une vingtaine de bénévoles, juristes, psychologues, infirmières, avocat, et bien sûr des médecins comme Pierre Foldès, éminent urologue, dont la lutte contre l’excision est devenue son cheval de bataille, tant dans la prise en charge pré-opératoire que post-opératoire.. Fondé en 2012, l’Institut a pour mission d’accueillir ces femmes violentées, violées, victimes d’injustices physiques et psychologiques, de les prendre en charge, de les orienter vers un réseau de professionnels de la santé, du social, de la justice. La moto, symbole et vecteur de liberté, a séduit la co-fondatrice et directrice générale de l ISG, Frédérique Martz, qui sera aux côtés des organisatrices du défilé parisien. Motard également, BMiste plus particulièrement, Pierre Foldès rejoindra le cortège au guidon de sa machine.

Comme le rappelait Simone de Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits en sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant. » Depuis 8 ans, les organisatrices des différents défilés et les adhérentes n’ont de cesse de rappeler la citation de cette féministe éclairée.

Le rendez vous est pris une nouvelle fois cette année, dans la bonne humeur, la solidarité, en musique, où tous les véhicules à deux roues sont admis, de la mobylette aux grosses cylindrées, tant que la passion anime toutes ces amazones au grand coeur. Rappelons que 14% des permis moto sont féminins et qu’un quart des usagers scooters confondus sont des femmes. Une population grandissante et qui n’a pas dit son dernier mot : Liberté chérie…

Contact Presse : Sandrine DUFILS
Courriel : sandrinedufils75@gmail.com / Tél : 06 64 99 25 00

Journée Internationale des Droits des Femmes

Comme tous les ans, nous célébrerons la Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars.

Rejoignez nous le dimanche 12 Mars 2017 en France et en Suisse

A Lyon RDV à partir de 12 H place Jean Jaurès

Cette année encore, un flashmob est proposé lors du défilé !!!

Dans son message publié sur sa page Facebook concernant le rassemblement prévu par Fillon au Trocadéro Anne Hidalgo Maire de Paris, précise que:

« Paris, notre capitale, a fondé son Histoire sur la recherche permanente de justice et de démocratie », ses habitants n’ayant jamais hésité, par les urnes, par les manifestations, parfois même par l’insurrection et les barricades, à proclamer la République, à défendre nos institutions, et à s’opposer à toute remise en cause des contre-pouvoirs

Devons nous comprendre que la mise en place des vignettes crit’air est anti sociale et quelle nous conseille d’aller jusqu’à l’insurrection, à ériger des barricades pour défendre notre droit à circuler en 2 roues motorisés ceux ci étant une des solutions à la pollution : facilité de circulation, moins de surface au sol qu’une voiture, et surtout qu’ils ne fonctionnent pas au diesel ce qui n’est pas le cas des gros 4X4 récents qui sont eux autorisés à circuler

En annonçant la privatisation des contrôles de vitesses au moyen de voitures-radars déléguées à des sociétés privées, le gouvernement s’engage dans la privatisation de la sécurité routière… qui devient toujours un peu plus « rentière ».
La chasse aux profits est lancée, avec les usagers de la route en guise de gibier.

Jusqu’où ira l’État en matière de casse du service public ? Après avoir vendu nos autoroutes (réseaux les plus sûrs) à des sociétés toujours plus avides d’année en année, les contrôles de vitesse au moyen de voitures radars se feront désormais via des sociétés privées. Et la « grande » idée de la sécurité routière est encore réduite à la vitesse et son contrôle, avec toujours plus d’amendes automatisées au profit des caisses de l’État.
Si au moins cette manne servait à renforcer les actions pédagogiques en faveur de l’enseignement aux risques routiers, à doubler les glissières de retenue qui sont toujours de vrais hachoirs à motards, à rétablir l’éclairage supprimé sur les voies express peri-urbaines, à mieux entretenir un réseau routier laissé à l’abandon…

Mais non ! Avec la « sécurité rentière », c’est toujours gaz en grand vers plus de privatisation des recettes… à fond !

Le Conseil européen de la Sécurité des Transports (ETSC), et l’Association Prévention Routière (APR) ont organisé un débat Le LAVIA : le temps de l’action.

Mardi 31 janvier 2017, 9h30 – 13h30

Auditorium – Fédération française de l’assurance, 26 boulevard Haussmann – 75009 Paris

La vitesse est connue comme l’un des principaux facteurs qui contribuent aux tués et blessés graves sur nos routes. L’ISA (Intelligent Speed Assistance), connue aussi sous son acronyme français, le LAVIA (limiteur s’adaptant à la vitesse autorisée), est conçu pour aider les conducteurs à ne pas dépasser les vitesses autorisées. Le LAVIA prend en compte la position du véhicule grâce au GPS et, en fonction de cette position, recherche dans une base de données embarquée les vitesses limites autorisées à cet endroit. Le système limite alors la vitesse maximum du véhicule en fonction de cette vitesse réglementaire. Le système peut néanmoins être neutralisé en cas d’urgence par un simple appui fort sur la pédale d’accélérateur (le « kick-down »).

Les premiers véhicules équipés de l’ISA en série ont commencé à apparaître sur le marché en 2015 – afin notamment d’obtenir 5 étoiles au classement Euro NCAP. La Commission européenne doit proposer courant 2017 une révision des standards minimums obligatoires pour les nouvelles voitures vendues sur le marché européen, dont l’ISA et d’autres ITS ou systèmes de transport intelligent, comme l’assistance au freinage d’urgence. La Commission européenne suit ainsi les recommandations d’un rapport de 2015 par les consultants TRL qui ont classé ISA comme la technologie offrant un rapport coût-bénéfice parmi les plus positifs et déjà disponible sur le marché. L’ISA a été testé dans de nombreux Etats membres, notamment en France dans le cadre du programme de recherche PREDIT.

Si tous les conducteurs respectaient les vitesses limites autorisées, on estime que 717 vies pourraient être préservées en moyenne en France- soit 18 % de l’ensemble de la mortalité routière.

9h30 Accueil et inscriptions

10h00 Mots de bienvenue: Anne Lavaud, Déléguée Générale, Association Prévention Routière et Antonio Avenoso, Directeur exécutif, ETSC

10h05 L’ISA : pourquoi maintenant ? Graziella Jost, ETSC

10h15 Film de ETSC sur l’ISA

10h20 Les chiffres derrière l’ISA, Prof. Oliver Carsten, Institute for Transport Studies, Université de Leeds (Royaume-Uni)

10h35 Questions réponses

10h40 Cartographie numérique pour les ITS, Alain Chaumet, Institut Géographique National (IGN)

10h55 Questions réponses

11h00 Les bus londoniens équipés de l’ISA dès 2018, Naomi Baster, Transport for London

11h15 Questions réponses

11h20 Pause café

11h45 Table ronde animée par Anne Lavaud: Quelles pistes pour accélérer une mise en œuvre de l’ISA/LAVIA en France et en Europe ?
• Emmanuel Barbe, Délégué Interministériel à la Sécurité routière
• Nicolas Bertholon, LAB / PSA – Renault
• Jérome Paschal, UTAC CERAM
• Commandant Christophe Rougeot, Unité de Coordination de Lutte contre l’Insécurité Routière (UCLIR), Ministère de l’Intérieur
• Stéphane Pénet, Fédération française de l’assurance

12h50 Mot de conclusion

13h Buffet déjeuner

Les participants bénéficieront d’un service d’interprétation simultanée français/anglais.

L’objectif du projet iSAFER d’ETSC est de contribuer à la réduction des tués et des blessés graves des accidents de la route liés à la vitesse grâce à l’identification et la promotion des meilleures pratiques. Le projet comprend un accent particulier sur l’assistance intelligente à la vitesse (ISA) et la promotion de son utilisation au niveau européen et national. Dans le cadre de ce projet, l’ETSC organise une série de débats nationaux. Plus d’information sur www.etsc.eu/isafer et https://www.preventionroutiere.asso.fr/2016/04/05/les-aides-electroniques-a-la-conduite/. Le projet est soutenu par la Fondation MAPFRE, la région flamande et 3M.